La perspective de croissance en est aussi fallacieuse que l'existence du Père Noël. On démontre, par les méthodes de la science, que ce barbu en habit rouge, et probablement un peu pédophile, n'est qu'une imposture. Supposons qu'on dénombre, dans les familles chrétiennes, quatre cents millions d'enfants sages qui l'attendent dans la nuit du 24 au 25 décembre. Mettons qu'il accomplisse sa tournée en vingt-quatre heures (en suivant les fuseaux horaires). Il doit effectuer cinq mille visites par seconde. Il dispose d'un cinq millième de seconde pour parquer le traineau, dévaler la cheminée, distribuer les jouets sans se tromper, remonter, fouetter ses rennes et passer à la maison suivante. La longueur de sa tournée avoisine cent cinquante millions de kilomètres (la distance Terre-Soleil). Le traîneau doit filer à plus de mille kilomètres par seconde. Si chaque enfant reçoit un jouet d'un kilogramme, le véhicule est rempli de quatre cent mille tonnes de cadeaux. Une masse aussi colossale, propulsée à la vitesse indiquée, engendre une résistance de l'air qui élève la température de plusieurs milliers de degrés.
A peine parti de Laponie, le Père Noël est carbonisé.
C'est la raison pour laquelle, s'il a existé un jour, maintenant il est mort.
[Yves Paccalet – Sortie de Secours]